De la psychose paranoïaque dans ses rapports avec la personnalité [et avant]

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À partir d’une lecture de la thèse de Jacques Lacan et de ses textes/publications médicales.

De la psychose paranoïaque dans ses rapports avec la personnalité (1932) : Dans sa thèse, Lacan parle de psychose et principalement de paranoïa. Il y a au début tout un travail théorique puis il se centre sur le cas Aimée. Il propose de remettre en question une étiologie uniquement organique dans la psychose pour penser la possibilité d’une influence de l’histoire et de la personnalité du patient. Il évoque aussi l’idée que les délires ont un sens et il dit que si on veut prendre en charge la paranoïa, il ne faut pas considérer que le corps mais s’intéresser au fonctionnement psychique en général. Le travail de Lacan est d’ores et déjà complètement dans la continuité des travaux de Freud (il y parle de rêve, de projection, de déplacement, de haine, d’idéal du moi, de libido, de traumatismes, de narcissisme).

Les complexes familiaux dans la formation de l’individu (1938) : C’est une ouverture ici des travaux de Freud sur le complexe d’Œdipe. Lacan propose d’affiner la conception du complexe d’Œdipe en y ajoutant l’existence d’un complexe de sevrage (lien avec le nourrissage) et un complexe d’intrusion (partage de la diade mère-enfant avec un frère/une sœur). Il précise que – comme tout ce qui part du complexe d’Œdipe – ces désirs et conflits sont organisateurs de la vie psychique des êtres. Les réactions de l’être à l’arrivée d’un frère/d’une sœur par exemple, arrivée vécue comme un traumatisme, sont d’ores et déjà révélateurs du fonctionnement psychique. C’est intéressant ce que dit Lacan du symptôme chez l’enfant, en ce qu’il émergerait pour répondre à une symptomatologie familiale.

psy-matthieu-julian-rapidePour Lacan, un complexe n’est pas seulement inconscient, c’est un nœud qui se trouve au carrefour entre l’objet, soi et les éléments extérieurs pouvant influencer cette relation. Dans ce texte, d’ailleurs, l’élaboration que Lacan fait sur la création des imagos est intéressante : les premières images de la mère sont celles qui se constituent pendant l’allaitement. Les complexes se créent lorsque l’homéostasie première – et l’imago qui y est associée – est remise en question (fin du nourrissage, arrivée d’un frère/d’une sœur, place du père). Un autre élément qui m’a intéressé ici c’est que la famille est considérée comme un objet, avec ses fonctions propres, comme celle de suppléer à un manque/une perte.

L’agressivité en psychanalyse (1948) : Dans une cure, l’agressivité se manifeste, aussi parce que l’association libre permet son expression (symptômes, refus, ratés). Elle est souvent adressée aux personnes dont l’être se croit dépendant. La position du psychanalyste est importante pour permettre cette expression, en occupant une surface sur laquelle il est possible de projeter des objets internes. Lacan rappelle que le moi est d’emblée marqué par de l’agressivité.

Le stade du miroir comme formateur de la fonction du je, telle qu’elle nous est révélée, dans l’expérience psychanalytique (1949) : C’est à partir de son travail sur le complexe de sevrage que Lacan propose de penser ce qui se passe pour l’enfant lorsqu’il reconnaît pour la première fois son image dans un miroir (entre 6 et 18 mois). Il explique que c’est un moment fondamental, en tant qu’intériorisation d’un soi-même réellement distinct de l’autre et unifié. C’est un moment de séparation et les bases de l’individuation, aussi à partir des verbalisations qui y sont associées (être nommé dans cette image par la mère). Le stade du miroir incarne la fin du complexe de sevrage et l’unification du corps propre à partir de la reconnaissance de son image dans le miroir, identification étayée donc par le langage qui y est associé.

Fonction du champ de la parole et du langage en psychanalyse (1953) : Lacan explique ici l’importance du positionnement du psychanalyste dans une cure pour favoriser une parole pleine (à distinguer de la parole vide). Tout l’objectif étant de donner une place au désir propre dans la parole.

L’instance de la lettre dans l’inconscient ou la raison depuis Freud (1957) : Articulation, à partir de la linguistique, des notions de signifiant et de signifié, de métaphore et de métonymie, de désir et de symptôme.

 

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