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Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse [Lacan]

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À partir d’une lecture de :

LACAN, J. (1978). Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse, 1954-1955. Le Séminaire, Livre II. Paris, Éditions du Seuil.

« Dans l’inconscient, exclu du système du moi, le sujet parle. » (p. 86)

Dans ce séminaire, Lacan propose de reprendre les théorisations pré-analytiques du moi, les élaborations freudiennes sur la constitution de ce moi et de présenter quelques pistes pour le travail de direction de la cure. Il va détailler assez finement la construction du moi et sa place dans l’ordre symbolique, imaginaire et ses rapports possibles avec le réel. J’ai retenu le passage suivant : « Car le moi est fait de la série des identifications qui ont représenté pour le sujet un repère essentiel, à chaque moment historique de sa vie, et d’une façon dépendante des circonstances. (…). Cette décomposition spectrale est évidemment une décomposition imaginaire. » (p. 228)

Lacan pense le moi en fonction de la notion de « conscience », tente de décentrer le moi de sa position centrale à l’époque (il parle de Anna Freud et de Mélanie Klein) pour mettre en relief la tension avec l’inconscient. De là, il en vient à parler de « sujet », d’autre, puis d’Autre (le petit a étant consacré à l’autre de la relation imaginaire), élaborant alors une distinction entre le moi et le je. Lacan dit que le moi est à considérer comme un objet ayant une fonction imaginaire (p. 56) : « Dans cette perspective, qu’en est-il du moi ? Le moi est bel et bien un objet. Le moi, que vous percevez soi-disant à l’intérieur du champ de conscience claire comme étant l’unité de celui-ci, est précisément ce vis-à-vis de quoi l’immédiat de la sensation est mis en tension. (…) Toute la dialectique que je vous ai donnée à titre d’exemple sous le nom de stade du miroir est fondée sur le rapport entre, d’une part, un certain niveau des tendances, expérimentées – disons pour l’instant, à un certain moment de la vie – comme déconnectées, discordantes, morcelées – et il en reste toujours quelque chose –, et d’autre part, une unité avec quoi il se confond et s’appareille. » (p. 74)

Une partie importante de ce séminaire traite de la pulsion de mort, de la répétition et de la résistance, à partir d’une étude approfondie de Au-delà du principe de plaisir. Lacan distingue deux tendances à la compulsion de répétition, « une tendance restitutive et une tendance répétitive. » (p. 95)

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Lacan propose de penser une articulation nouvelle entre le principe de plaisir et le principe de réalité : « Car si on suit la réalité, c’est bien parce que le principe de réalité est un principe de plaisir à retardement. Inversement, si le principe de plaisir existe, c’est conformément à quelque réalité – cette réalité est la réalité psychique. » (p. 88) ; « Dans la perspective qui est la nôtre, cela prend évidemment un autre sens. Le principe de réalité consiste en ce que le jeu dure, c’est-à-dire que le plaisir se renouvelle, que le combat ne finisse pas faute de combattant. Le principe de réalité consiste à nous ménager nos plaisirs, ces cessations dont la tendance est précisément d’arriver à la cessation. » (p. 121)

À partir du moi et du narcissisme, et de cette articulation nouvelle, il distingue ce qui est de la résistance, de l’insistance ou encore de la censure : « La censure ne se situe pas au même niveau que la résistance. Elle fait partie du caractère interrompu du discours. (…) Au sens propre, la résistance du sujet est liée au registre du moi, c’est un effet du moi. Dans ce chapitre, elle est située comme un x qui désigne tout ce qui arrête le travail analytique, que ce soit psychologique ou pas, que cela vienne de la réalité ou du hasard. » (p. 179) ; « Ce qui est censure a toujours rapport avec ce qui, dans le discours, se rapporte à la loi en tant qu’incomprise. » (p. 179) ; « La résistance est tout ce qui s’oppose, dans un sens général, au travail analytique. La censure, une qualification spéciale de cette résistance. » (p. 187)

Lacan va aussi critiquer la notion de régression proposée par Freud pour théoriser le sommeil et les rêves. Il va poser l’hypothèse que, plus qu’un retour en arrière il s’agit d’une mise en arrêt des mouvements psychiques progrédients. Ce qui pourrait se concevoir comme une régression serait alors seulement le fait que l’être, coupé de ses possibilités à agir, hallucinerait la réalisation de ses désirs, mais – dit-il – il s’agirait là de l’utilisation de processus primaires plus que de régression.

J’ai trouvé intéressant le développement de Lacan sur l’idée que l’oubli dans le rêve, tout comme le doute, ne sont pas à percevoir en creux, comme des résistances, mais oubli et doute peuvent être considérés comme des éléments de message à proprement parler.

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