ados-insomnie-sommeil-psy

La relation d’objet

Publié par

À partir d’une lecture de :

LACAN, J. (1994). La relation d’objet, 1956-1957. Le Séminaire, Livre IV. Paris, Éditions du Seuil.

Lacan remet en question les conceptualisations et définitions déjà proposées pour ce que pourrait être la relation d’objet. Il réarticule ce travail autour de la notion du « manque d’objet » et tente d’expliquer comment la relation à ce manque est déterminante dans l’organisation structurelle de la vie psychique. Pour Lacan, l’objet a, avant tout, une fonction protectrice (de « complémentation » dit-il) par rapport à ce qui se présente comme un trou, « voire comme un abîme dans la réalité. » (p. 23)

Lacan dit aussi que le phallus, quant à lui, est un tiers qui permet que la relation d’objet puisse exister, sinon « elle est impossible à comprendre » (p. 28). Le phallus, c’est cette exigence autour de laquelle tourne tout le jeu imaginaire. Lacan rappelle aussi la distinction entre le pénis, en tant qu’il est un organe réel, et le phallus qui est sa fonction imaginaire.

L’absence, la présence, l’attente de la mère – en tant qu’objet – c’est de ces expériences que peut naître un ordre symbolique. Dans ce rapport avec le manque d’objet, Lacan explique que la mère devient l’agent de la frustration. C’est intéressant de lire dans ce séminaire que cette expérience de l’absence et de la présence n’est pas divisée mais qu’elle est bien articulée pour former un nœud, dans le registre de l’appel (ça m’a fait réfléchir sur ce signifiant « appel » dans notre cartographie).

ados-insomnie-sommeil-psyLacan explique comment cette notion d’appel est fondamentale pour penser l’organisation de la relation d’objet. Lorsqu’un appel est adressé à la mère et qu’elle commence à ne plus répondre systématiquement et/ou immédiatement, alors la mère chute de sa fonction symbolique et devient réelle. Dans le même temps – de cette chute – l’objet passe du réel au symbolique : « Dans le développement de l’enfant (…), ce qui compte, ce sont les carences, les déceptions, qui touchent à la toute-puissance maternelle » (p. 69). L’importance est là, cette scansion de l’appel devient une amorce pour l’émergence du registre symbolique, une scansion qui permet de lier entre elles « relation réelle » et « relation symbolique ». La mère devient réelle et l’objet devient symbolique. L’objet acquiert donc deux types de capacités satisfaisantes : un objet réel de satisfaction des besoins et un objet qui symbolise une puissance favorable (un objet symbolique de don).

La fonction du phallus est décisive. Même si le phallus est une fonction imaginaire, il n’en reste pas moins que – pour Lacan – le manque du phallus et son impact sont d’autant plus forts pour ceux à qui il manque son corrélat réel (les femmes) que pour ceux qui peuvent s’illusionner de le posséder à partir du réel (de l’organe).

La relation qu’une femme peut entretenir avec son enfant est tout à fait liée au manque de l’objet phallique. En effet, si elle trouve en l’enfant une satisfaction, c’est bien que sa présence complète plus ou moins bien son besoin de phallus. D’ailleurs, du côté de l’enfant, le savoir que finalement la mère manque du phallus et qu’elle est elle-même désirante (car manquante) est fondamental en ce qu’il remet en question sa puissance – à lui et à la mère (p. 71).

Je retiens aussi la différence que Lacan expose entre castration, privation et frustration. La castration est symbolique en ce qu’elle n’est pas dans le réel mais articulée à la loi et à la parole. La frustration est imaginaire parce qu’elle est du côté du désir (et pas du besoin). La privation quant à elle est réelle et correspond à cet objet dont l’être a besoin mais qui est absent. [cf. : Tableau p. 59]

AGENT

MANQUE D’OBJET OBJET

Castration

Dette symbolique

Imaginaire
Frustration

Dam imaginaire

Réel

Privation

Trou réel

Symbolique

C’est sur cette base que Lacan éclaire sur la nature de l’objet manquant :

  • Dans la frustration, le désir frustré est du côté de l’imaginaire mais concerne un objet réel ;
  • Dans la privation, l’objet qui manque est symbolique parce que la parole peut le rendre présent alors même qu’il est absent dans le réel ;
  • Dans la castration, l’objet manquant est bien imaginaire (c’est le phallus). C’est là tout le jeu de décalage entre absence et présence que j’ai expliqué juste avant. C’est de cet écart que naît le symbolique.

Or, il s’avère que le phallus ne serait pas qu’imaginaire mais qu’il pourrait être symbolique [cf. : tableau p. 269] :

AGENT

MANQUE OBJET

Père réel

Castration symbolique Phallus imaginaire

Mère symbolique

Frustration imaginaire

Sein réel

Père imaginaire Privation réelle

Phallus symbolique

 

 

2 comments

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s