L’identification

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À partir d’une lecture de :

LACAN, J. L’identification, 1961-1962. Le Séminaire, Livre IX. Paris, Éditions du Seuil.

Dans ce séminaire, Lacan se propose de répondre à la question suivante : En quoi l’identification prend-elle sa signification dans l’inconscient ? Il va parler – et il s’agit d’une avancée majeure – de l’identification du signifiant au sujet.

Il commence par étudier l’étymologie de l’identification. Il en vient à poser comme hypothèse que, ce que l’être rencontre dans l’identification, c’est une expérience, une expérience d’identification de signifiant. Qu’est-ce que ça veut dire ?

D’abord, cela fait référence au cogito cartésien, autrement dit il y a quelque chose d’un engagement de la mêmeté de l’être dans sa pensée. C’est la question du « ce que je suis ». Lacan articule le « Je pense » au « sujet supposé savoir » de Descartes.

Ensuite, Lacan fait une distinction entre l’identification au signifiant et l’identification imaginaire. Il fait l’étude – à nouveau – du rêve « il ne savait pas qu’il était mort », déjà étudié dans Le désir et son interprétation (1958-1959). Cela lui permet de confirmer le rôle du discours et surtout de la première personne, de penser le rapport d’étrangeté à soi-même. Lacan place, à la limite de l’évanouissement du sujet, là où les philosophes invitent un Autre divin, l’einziger Zug freudien que l’on trouve dans Psychologie des masses et analyse du moi (1921). Il le rebaptise « unaire » plutôt qu’unique, et le positionne comme soutien de l’identification. Dans le petit traité sur l’identification que propose Freud (section 7 du texte cité ci-avant), on retrouve : l’identification au père préœdipien (forme la plus originaire du lien affectif à un objet) ; l’identification comme substitut, par voie régressive (comme dans le symptôme hystérique) d’un lien objectal libidinal ; l’identification dès qu’est perçue une ressemblance avec l’autre, un autre qui n’est pas objet de pulsions sexuelles, identification sur la base d’un trait unique (einziger Zug).

Puis, Lacan parle de l’idéal du moi, en tant que c’est à partir de là que peut s’installer la position fondamentale de l’être, comme être qui ne sait pas. Il s’agit d’une identification inaugurale. Cela l’invite ensuite à élaborer la question du nom propre et de son sens, en tant que le nom propre est un désignatif.

C’est de ce point que Lacan en arrive enfin à réarticuler ce travail à la fonction du phallus dans l’identification de l’être. Articulation à partir, aussi, de la dialectique de la privation, de la frustration et de la castration, présente depuis son séminaire sur La relation d’objet (Livre IV, 1956-1957). La différence ici c’est qu’il propose un déchiffrage de cette articulation à partir de la topologie des tores. C’est intéressant car c’est cela qui ouvre les esquisses d’une articulation avec le fait de l’angoisse, angoisse comme sensation du désir de l’Autre. Tout l’enjeu étant donc d’effectuer le passage de l’identification au phallus au phallus comme signifiant du désir.

Il termine son séminaire en disant que l’être est comme représenté par un signifiant pour un autre signifiant. En effet, le signifiant déterminerait le sujet lui-même (et pas l’inverse), cela se retrouverait dans la logique du fantasme et du sujet barré face à l’objet a.

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